Altitude Magazine N° 19.

61 \ ALTITUDE a peint des femmes. Puis, en Valais, elle a rencontré les fameuses reines d’Hérens, ces vaches combattantes qui s’affrontent dans les alpages. « La première fois, je croyais photographier deux taureaux. J’ai découvert qu’il s’agissait de femelles, des mères, des guerrières », raconte-t-elle en riant. Cette révélation résonne encore profondément en elle. À ses yeux, ces reines représentent l’image des femmes d’aujourd’hui qui sont fortes, libres, courageuses, mais toujours porteuses de vie. Dans son atelier, la plasticienne apprécie de brouiller les frontières entre les modes d’expression artistiques. « Je crois que je suis plus sculptrice que peintre. Je n’aime pas la platitude », sourit-elle. Mariuca Bala travaille souvent à partir d’émotions fugitives. Les idées lui viennent juste avant de s’endormir ou au moment du réveil, dans ces instants suspendus qui se situent entre rêve et conscience. Elle griffonne alors un croquis pour ne pas oublier. Ses créations naissent de l’intuition, d’un souvenir, d’un fragment de beauté qu’elle cherche à fixer. REDONNER VIE AUX LIEUX Mariuca Bala porte aujourd’hui un projet artistique d’envergure, à savoir élaborer une série de tableaux dédiés à Sierre, à Crans-Montana et à celles et ceux qui en font battre le cœur. Pour nourrir cette œuvre, elle va tisser une énergie collective en réunissant artistes, artisans, commerçants, créateurs et vignerons autour d’un cycle de rencontres au Terminus, dès cet hiver. Touchée par l’histoire et l’architecture du bâtiment qui abrite le restaurant de l’Hôtel de Ville, elle a imaginé ce concept en lien avec son époux, Sébastien Bonvin, qui est à la tête de l’Hôtel- Restaurant Le Terminus. Ensemble, ils vont repenser la mythique salle gastronomique de Didier de Courten qui sera transformée pour l’occasion en un espace réinventé, entre lounge et galerie éphémère. Le premier rendez-vous est fixé au 28 novembre pour unesoiréemêlant art, découvertes,musique et vins. De ces échanges naîtront les œuvres de Mariuca Bala, soit une série de tableaux vivants qui intégreront des Polaroïds instantanés, des bouteilles illuminées, des fragments de verre et des éclats de lumière, tout ceci se voulant comme autant de traces sensibles de ces rencontres et de ces émotions partagées. « Je veux que le résultat soit joyeux, pétri d’énergie, que ces événements reflètent l’âme de Sierre et de Crans-Montana », s’enthousiasme-t-elle. HÉRITAGE ET TRANSMISSION Si la créativité semble couler de source pour elle, cette particularité tient sans doute au fait qu’elle appartient à une lignée d’artistes. Sa grand-mère tissait de grandes tapisseries murales, alors que sa mère peignait. Il y a donc toujours eu un atelier chez elle à la maison. « J’ai grandi entourée de femmes créatrices, d’aiguilles, de tissus et de pinceaux. Il était naturel pour moi de poursuivre sur cette voie », confie-t-elle. Ses propres œuvres ne visent pas à impressionner, mais à éveiller, à toucher dans tous les sens du terme. « Je cherche la résonance, celle que l’on ressent dans la montagne, au travers d’un regard, dans un geste. Quand quelque chose vibre, alors c’est que c’est juste », conclut-elle avec simplicité. François Praz MARIUCA BALA mariucabala.ch info@mariucabala.ch EXPOSITION HÔTEL AU TERMINUS, SIERRE VERNISSAGE 19 DÉCEMBRE 2025 17H00-20H00 EXPOSITION JUSQU'À FIN MARS 2026

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